Pourquoi les impressions giclée professionnelles surpassent l'impression maison à chaque fois

|Catherine Hebert
Why Professional Giclée Prints Beat Home Printing Every Time

Pourquoi on ne recommande pas d'imprimer à la maison

Tu as passé des heures à peaufiner ton œuvre. La composition est enfin bonne, les couleurs sont exactement comme tu les voulais, et tu as hâte de la voir imprimée. Alors pourquoi ne pas l'imprimer toi-même à la maison?

C'est tentant, c'est évident. Tu cliques sur Imprimer, tu vas dans l'autre pièce, et paf, ton œuvre est réelle! Pas de délais de livraison, pas de laboratoire, pas d'attente. En plus, tu contrôles tout, non?

Sauf que voilà: on a une vraie imprimante giclée professionnelle dans notre studio. Genre, une vraie, qui coûte aussi cher qu'une auto usagée. Et on envoie quand même la plupart de nos commandes à des laboratoires professionnels.

Laisse-moi t'expliquer pourquoi, parce que comprendre les différents niveaux d'impression va t'éviter bien des frustrations (et des dépenses!).

Les trois niveaux d'impression (et pourquoi c'est important)

Niveau 1: les imprimantes grand public

Tu vois le genre. L'Epson ou la Canon à 200 $ ou 500 $ qu'on achète chez Best Buy. C'est peut-être écrit «imprimante photo» sur la boîte. Elle a peut-être même six cartouches au lieu de quatre.

Mon conseil si tu penses t'en servir pour des impressions d'art: ne le fais pas.

Je ne fais pas ma snob. La technologie n'est juste pas là. Ces imprimantes utilisent de 4 à 6 encres à colorants conçues pour des documents de bureau et des photos de famille qu'on regarde une fois avant de les ranger dans un tiroir. La gamme de couleurs est limitée: une grosse partie des couleurs de ton œuvre originale ne peut tout simplement pas être reproduite. Ce violet profond? Il va sortir bleu-gris boueux. Ces tons de peau subtils? Plats et sans vie.

Et la durabilité? Oublie ça. Les encres à colorants commencent à pâlir en quelques mois, surtout s'il y a du soleil dans la pièce. J'ai vu des impressions faites avec des imprimantes grand public complètement délavées après quelques semaines au mur. Ce n'est pas une impression, c'est une décoration temporaire qui coûte très cher.

Le papier qu'utilisent ces imprimantes n'est pas mieux. Le papier photo de base de chez Bureau en Gros jaunit et se détériore en quelques années. Il n'est pas sans acide, pas de qualité archive, et il n'a vraiment pas le poids ni la texture qui donnent à une impression l'allure d'une œuvre d'art.

Si tu fais de l'art pour le vendre, ou même juste de l'art qui compte pour toi, les imprimantes grand public sont un cul-de-sac. On passe à autre chose.

Niveau 2: les imprimantes giclée professionnelles (comme celle de notre studio)

Bon, là on parle de vrai équipement. Tu peux tout à fait acheter une imprimante giclée professionnelle pour ta maison ou ton atelier. On a une Canon imagePROGRAF PRO-1000, et c'est vraiment une belle machine. On l'adore!

Douze encres pigmentaires au lieu de quatre. Elle accepte du vrai papier de qualité musée. Elle imprime jusqu'à 17x22". La qualité est identique à celle des laboratoires professionnels. Quand on imprime quelque chose avec, c'est beau. Genre, vraiment professionnel.

Alors... pourquoi on ne s'en sert pas pour tout?

Eh bien, voici ce que personne ne te dit quand tu possèdes une imprimante professionnelle:

La vitesse (c'est plus lent que tu penses)

Une impression de 17x22" prend presque sept minutes à sortir de la PRO-1000. Et ça, c'est juste l'impression. Il faut aussi charger le papier comme il faut, faire des bandes d'essai si tu testes un nouveau profil de couleur, et laisser sécher l'impression un peu avant d'y toucher.

Si tu veux la voir en action (d'une lenteur interminable!), va voir cette publication Instagram.





Voir cette publication sur Instagram












Une publication partagée par Catherine Hebert (@theuglycatstudio)

Pour une impression? Pas de problème. Pour faire des épreuves de couleur? Impeccable.

Mais quand quelqu'un commande cinq impressions? Ça fait plus de 35 minutes de machine, et tu ne peux pas juste partir, parce qu'il faut changer le papier, vérifier l'alignement, t'assurer que rien ne bave.

Quand quelqu'un commande 20 impressions de formats différents? Tu passes des heures à surveiller une imprimante. Et si tu gères une entreprise, ces heures-là s'additionnent vite. Les laboratoires professionnels ont plusieurs imprimantes grand format qui roulent en même temps. Ils peuvent passer de grosses commandes sans y consacrer toute leur journée.

Les limites de format sont bien réelles

Notre PRO-1000 va jusqu'à 17x22". C'est un format correct, mais on est loin de ce que bien des clients veulent. Au-delà, on ne peut physiquement pas l'imprimer chez nous.

Les laboratoires professionnels ont des imprimantes grand format qui vont jusqu'à 44 ou même 64 pouces de large. Ils peuvent imprimer de grosses pièces, des affiches, d'immenses éditions limitées. Pas nous. Donc même si on voulait tout faire nous-mêmes, on aurait quand même besoin d'un laboratoire pour le grand format.

Et acheter une imprimante grand format? Là, on parle de plus de 15 000 $ et d'une machine grosse comme un divan, qui a besoin de son propre espace et d'une climatisation contrôlée. Ça n'arrivera pas dans notre studio.

Le casse-tête de l'inventaire de papier

On utilise trois papiers de qualité musée différents selon l'œuvre: Epson Hot Press Bright pour les couleurs éclatantes, Hahnemühle Photo Rag 308 pour un rendu plus doux et Hahnemühle German Etching 310 pour notre collection d'aquarelles.

Chacun de ces papiers existe en plusieurs formats de feuilles. Et si tu veux tous les garder en stock pour être prête à n'importe quelle commande? Tu immobilises des centaines, voire des milliers de dollars en papier qui dort dans un tiroir.

Les laboratoires professionnels achètent ces papiers en rouleaux, au prix de gros. Ils ont des dizaines de papiers au choix et le volume pour que ce soit rentable. Pour nous, juste garder trois papiers en stock, c'est de la jonglerie.

L'entretien (la dépense cachée)

Voici un truc que je n'avais pas réalisé avant d'avoir l'imprimante: elle consomme de l'encre même quand tu n'imprimes pas.

La PRO-1000 fait des cycles de nettoyage automatiques pour empêcher les têtes d'impression de se boucher. Aux quelques jours, elle envoie de l'encre dans les buses pour s'assurer que tout coule bien. C'est nécessaire. Si les têtes se bouchent, les réparations coûtent cher. Mais ça veut dire que ton encre disparaît tranquillement, que tu imprimes ou non.

Un jeu complet de cartouches pour la PRO-1000 coûte environ 800 $. Et entre l'impression et l'entretien, tu les passes plus vite que tu penses. Ce n'est pas la fin du monde, mais c'est une dépense qui revient sans arrêt.

Cartouches d'encre Canon Lucia PRO

Cartouches d'encre Canon Lucia PRO

Parlons d'argent

Je vais être honnête sur les chiffres, parce que j'aurais aimé que quelqu'un le soit avec moi avant qu'on achète l'imprimante.

Quand tu comptes le coût de l'encre, le coût du papier (au prix de détail pour de petites quantités), le temps passé à préparer et surveiller les impressions, l'encre utilisée pour l'entretien et l'espace que prend l'imprimante... notre coût par unité, dès qu'on dépasse une petite poignée d'impressions, est plus élevé que si on envoyait simplement la commande à un laboratoire.

Elle pèse 70 livres, occupe une table de travail au complet et a besoin d'une température et d'une humidité assez constantes pour bien fonctionner. C'est tout un engagement.

Pour de la production en gros volume, le calcul ne tient juste pas. Les laboratoires ont l'économie d'échelle de leur bord. Ils impriment des centaines de commandes par semaine, donc leurs coûts par unité sont bien plus bas que les nôtres pourraient l'être.

Alors pourquoi on l'a?

Bonne question. Notre imprimante est super utile pour trois choses précises:

Les épreuves de couleur. C'est la principale. Avant d'envoyer un nouveau design au laboratoire pour un tirage complet, on peut le tester le jour même sur notre imprimante. On peut essayer différents ajustements de couleur, voir le rendu sur différents papiers et s'assurer que tout est parfaitement au point. Rien que ça nous a évité d'innombrables allers-retours avec les laboratoires et a probablement déjà payé l'imprimante.

Les éditions limitées. Quand on fait des éditions limitées, on veut les imprimer nous-mêmes pour pouvoir les signer, ajouter une note, etc. Il y a quelque chose de spécial à pouvoir dire «c'est moi qui l'ai imprimée» plutôt que «un laboratoire l'a imprimée».

Les remplacements urgents. Si une impression est abîmée pendant la livraison ou qu'un client a besoin d'un remplacement tout de suite, on peut l'imprimer et l'expédier le jour même au lieu d'attendre le laboratoire. Ça nous a sauvés plusieurs fois quand il fallait régler quelque chose vite.

Mais pour les commandes régulières? Elles s'en vont au laboratoire. À tout coup.

Et la fidélité des couleurs?

C'est justement là que les imprimantes grand public échouent le plus, et ça vaut la peine de comprendre pourquoi.

Ton œuvre existe dans un immense espace de couleurs. Des bourgognes profonds, des pêches subtils, des bleus marine riches, des tons de terre complexes. Les imprimantes grand public, avec leurs 4 à 6 encres, ne peuvent en reproduire qu'une fraction.

Les imprimantes giclée professionnelles, que ce soit notre PRO-1000 ou l'équipement des laboratoires, utilisent de 8 à 12 encres pigmentaires de qualité archive. Plusieurs noirs et gris pour la profondeur. Des magentas et des cyans supplémentaires pour la saturation. La différence dans ce qu'elles peuvent reproduire est énorme.

Quand on imprime quelque chose sur notre PRO-1000 plutôt que sur une imprimante grand public, la différence n'est pas subtile. La version grand public a l'air plate. Les couleurs sont fausses. Les détails deviennent flous. La version professionnelle ressemble vraiment à l'œuvre originale.

Si tu tiens à ce que ton art ait l'air comme il faut, ce n'est pas négociable. Il te faut de l'équipement professionnel, que ce soit le tien ou celui d'un laboratoire.

Le papier fait plus de différence que tu penses

Avant, je pensais que du papier, c'était du papier. Je me trompais royalement.

Le papier photo grand public est fait de pâte de bois, donc il contient des acides qui le font jaunir avec le temps. Il est aussi mince et fragile. Il a l'air cheap parce qu'il est cheap. Et son enduit est conçu pour les encres à colorants, pas pour les encres pigmentaires. Même si tu arrivais à y mettre des encres de qualité archive, c'est le papier lui-même qui lâcherait.

Le papier de qualité archive et de qualité musée est 100 % coton, sans acide et sans lignine. Il est épais, généralement plus de 300 g/m², à peu près le poids d'un carton. Il a de la texture et de la présence. Quand tu le tiens, tu sens qu'il a du corps. Comme une œuvre d'art.

Et la durabilité? Ces papiers sont conçus pour durer plus de 100 ans sans se dégrader. Ce sont les mêmes papiers qu'on utilise pour les impressions de musée et les reproductions d'art. Ils ne vont pas jaunir ni tomber en morceaux.

Que tu imprimes à la maison sur de l'équipement professionnel ou que tu passes par un laboratoire, tu dois absolument utiliser du papier de qualité musée. Le papier photo grand public n'est pas une option si tu veux que ton travail dure.

C'est un autre domaine où les laboratoires ont l'avantage. Ils achètent ces papiers au prix de gros et peuvent les offrir à prix raisonnable. Quand tu achètes des feuilles à l'unité pour imprimer chez toi, le coût par feuille grimpe vraiment vite.

La question de la durabilité

Soyons très clairs là-dessus: si tu utilises des encres d'imprimante grand public, tes impressions vont pâlir. Pas «pourraient pâlir un jour». Vont pâlir, et bientôt.

Les encres à colorants sont faites pour un usage temporaire. Dans des conditions normales d'exposition, elles commencent à changer de couleur de façon visible en 6 à 12 mois. En plein soleil? On parle de semaines.

Je l'ai vu arriver. Quelqu'un m'apporte une impression faite à la maison il y a deux ans et les couleurs sont complètement délavées. C'est déprimant, surtout si la personne l'a vendue à quelqu'un.

Les encres pigmentaires de qualité archive, c'est une tout autre technologie. Elles sont évaluées pour 100 à 200 ans d'exposition dans des conditions de musée. Ce ne sont pas des chiffres de marketing inventés. Ils viennent de tests de vieillissement accéléré selon les normes ISO.

Quand tu vends une impression à quelqu'un, tu lui vends quelque chose qu'il s'attend à garder longtemps. Les encres de qualité archive ne sont pas une option, c'est le strict minimum pour du travail professionnel.

Quand imprimer à la maison a vraiment du sens

Je ne veux pas avoir l'air complètement contre l'impression à la maison. Il y a de bonnes raisons de le faire:

Les essais et les épreuves. Absolument. Imprime des brouillons pour vérifier la composition, l'équilibre des couleurs et la mise en page avant de lancer les impressions finales.

Les projets personnels. Si tu imprimes quelque chose juste pour toi ou pour offrir, et que ça ne te dérange pas que ça ne dure pas des décennies, une bonne imprimante grand public fait l'affaire.

La documentation du processus. Imprimer des images de référence, des photos d'étapes ou des maquettes pour ton propre usage.

L'apprentissage. Si tu expérimentes et que tu apprends la gestion des couleurs et l'impression, avoir une imprimante à la maison pour faire des tests, c'est précieux.

Mais pour des impressions d'art finales que tu vends ou qui comptent pour toi? C'est là qu'il faut passer à l'impression professionnelle, avec de l'équipement haut de gamme ou par un laboratoire.

Notre recommandation honnête

Si tu commences à vendre des impressions, n'achète pas d'imprimante. Travaille avec un laboratoire giclée professionnel. La qualité sera identique à celle d'une imprimante à 7 000 $, et tu n'auras pas à gérer l'entretien, le coût de l'encre ni l'espace.

Si tu es bien établie et que ton volume justifie d'avoir tes propres épreuves de couleur, ou que tu veux faire de petites éditions limitées chez toi, alors une imprimante giclée professionnelle peut avoir du sens. Sache juste dans quoi tu t'embarques. Ce n'est pas une solution magique qui remplace les laboratoires, c'est un outil spécialisé pour des besoins précis.

Et si quelqu'un essaie de te dire qu'une imprimante grand public à 300 $ est assez bonne pour des impressions d'art, sauve-toi. Soit la personne ne sait pas de quoi elle parle, soit elle essaie de te vendre quelque chose.

Ton art mérite une impression professionnelle. Que ça veuille dire avoir ton propre équipement ou travailler avec des laboratoires, ça dépend de ta situation. Mais une chose est sûre: ça ne veut pas dire essayer de t'arranger avec de l'équipement grand public.

On a appris ça à la dure, après des années d'essais et d'erreurs. Avec un peu de chance, toi, tu l'apprendras facilement en lisant ceci.


Tu veux voir de quoi a l'air une vraie impression giclée professionnelle? Jette un œil à nos collections d'impressions d'art. Tout est imprimé sur du papier de qualité musée avec des encres de qualité archive, soit sur notre PRO-1000 pour les éditions limitées, soit chez nos laboratoires partenaires pour la production régulière.