Pourquoi nous avons choisi l'imprimante Canon imagePROGRAF PRO-1000 pour l'impression en studio

|Catherine Hebert
Why We Chose the Canon imagePROGRAF PRO‑1000 for In‑Studio Printing

Un peu de contexte

Pendant des années, chaque fois que j'ajustais les couleurs d'une peinture, la seule façon de vérifier le résultat sur papier était d'envoyer le fichier à un de mes partenaires d'impression, d'attendre qu'une épreuve arrive par la poste, de l'évaluer, de faire des changements et de la renvoyer. Une seule ronde d'ajustements de couleur pouvait prendre des semaines. Multiplie ça par le nombre d'impressions dans la boutique et ça monte vite, en temps comme en frais de messagerie.

En 2024, j'ai décidé que le studio avait besoin de sa propre imprimante d'art. Pas pour remplacer mes partenaires d'impression (ils s'occupent de la majorité des commandes au quotidien et ils sont mieux équipés pour ça), mais pour ramener les décisions de couleur à l'interne. Si j'ajuste la chaleur d'une œuvre à 14 h, je veux tenir l'épreuve dans mes mains à 14 h 30. C'était ça, l'objectif.

Ce dont j'avais besoin

Mes critères étaient assez précis:

Des encres pigmentaires de qualité archive. Toutes les impressions que je vends utilisent des encres pigmentaires de qualité archive, donc mon imprimante d'épreuves devait les utiliser aussi. Ça ne sert à rien de vérifier la fidélité des couleurs sur une imprimante à encres à colorants si le produit final est fait avec des pigments. Les couleurs ne se comportent pas pareil.

Des feuilles jusqu'à 17 × 22 pouces. Assez grand pour des épreuves format galerie, mais quelque chose qui entre quand même sur un bureau dans un studio-appartement à Montréal. Je n'avais ni besoin ni envie d'une machine grand format de 24 pouces.

Une reproduction fidèle des couleurs. C'est tout l'intérêt. Si l'épreuve ne correspond pas à ce que produisent les labos partenaires, l'imprimante n'est qu'un réchaud à papier hors de prix. Il me fallait une gamme de couleurs étendue et un bon support des profils ICC.

Des buses qui demandent peu d'entretien. Les imprimantes d'art qui restent inactives quelques jours entre deux impressions sont réputées pour leurs buses bouchées. Je n'imprime pas tous les jours, alors il me fallait une machine capable d'un usage irrégulier sans exiger une demi-journée de nettoyage et une demi-cartouche d'encre gaspillée chaque fois que je l'allume.

Un coût par impression raisonnable. Le but, c'était d'arrêter de payer pour envoyer des épreuves par messagerie. Si l'encre coûtait trop cher par épreuve, le calcul ne tenait plus.

imagePROGRAF PRO‑1000 sur notre table

On voit ici l'imprimante avec une bonne partie de notre équipement de studio et des cartes de souhaits!

La courte liste

J'ai passé environ deux semaines à éplucher des fiches techniques, des vidéos de tests et des fils de forums. Trois imprimantes ont passé la sélection:

Modèle

Pour

Contre

Epson SureColor P900

Adaptateur pour papier en rouleau offert; excellent rendu noir et blanc; encres UltraChrome HDX à 10 couleurs

L'unité rouleau coûte plus cher; problèmes de buses bouchées signalés après quelques jours d'inactivité

Canon imagePROGRAF PRO-1000

Encres LUCIA PRO à 12 couleurs; système intégré de compensation des buses; noirs profonds grâce au Chroma Optimizer; gère bien les papiers épais

Pas d'option rouleau; plus lourde et plus encombrante que la P900

Epson SureColor P700

Moins encombrante; mêmes encres HDX que la P900; bon choix d'entrée de gamme

Feuilles de 13 × 19 pouces maximum (trop petit pour mes besoins); impression plus lente

La P700 a été éliminée tout de suite à cause du format de feuille. Le vrai choix se jouait entre la P900 et la PRO-1000.

Pourquoi la Canon PRO-1000 l'a emporté

Encres pigmentaires LUCIA PRO à 12 couleurs

La plupart des imprimantes jet d'encre grand public utilisent de quatre à six couleurs d'encre et mélangent tout à partir de ça. La PRO-1000 en utilise douze, ce qui lui permet d'atteindre des couleurs qu'un jeu d'encres plus petit doit approximer. En pratique, ça paraît surtout dans les tons moyens délicats et les couleurs saturées, qui autrement auraient l'air un peu ternes ou décalées. Les oranges de Fukuoka Cat et les indigos profonds de The Fox sortent justes, pas juste «assez proches».

Le jeu d'encres comprend aussi un Chroma Optimizer, essentiellement un vernis transparent qui uniformise la surface de l'impression. Sans lui, les zones très chargées en encre peuvent paraître lustrées alors que les zones plus pâles restent mates, ce qui crée un reflet inégal appelé bronzage. Le Chroma Optimizer règle ça, et il donne aux noirs un aspect velouté au lieu d'un gris délavé.

Les 12 cartouches d'encre de notre imagePROGRAF PRO-1000

Notre imagePROGRAF PRO-1000 avec le panneau d'encre ouvert, qui montre les 12 cartouches

Compensation des buses intégrée

Honnêtement, c'est ça qui m'a convaincue. La PRO-1000 vérifie ses buses avant chaque impression et, si elle détecte un bouchon, elle fait passer l'encre par les buses voisines au lieu de refuser d'imprimer ou de laisser des bandes visibles. Pour un studio comme le mien, qui imprime par vagues plutôt que tous les jours, ça change tout. La tête d'impression de l'Epson P900 est bonne aussi, mais les forums débordaient de gens aux prises avec des buses bouchées après une semaine d'inactivité. Je ne voulais pas jouer à la gardienne d'imprimante.

Gère le papier de coton épais

Les papiers d'art sont épais. Les papiers de coton et d'alpha-cellulose que j'utilise font entre 270 et 310 g/m², bien plus lourds que ce pour quoi la plupart des imprimantes sont conçues. Tout ce qui dépasse environ 250 g/m² doit passer par le bac d'alimentation manuel arrière plutôt que par la cassette standard. C'est vrai pour toutes les imprimantes de cette catégorie, pas juste la Canon. Mais le bac arrière de la PRO-1000 gère proprement l'alimentation feuille par feuille. Pas de coins abîmés, pas de marques de rouleaux. Les épreuves sortent prêtes à vendre.

Une gestion des couleurs qui fonctionne vraiment

Cette partie compte si tu tiens à la cohérence entre tes épreuves maison et ce que produisent les partenaires d'impression. La PRO-1000 prend en charge la gestion complète des couleurs ICC avec choix du mode de rendu. J'utilise Colorimétrie relative avec la compensation du point noir activée, le réglage standard pour la reproduction d'art en giclée. Ce même réglage se retrouve dans les fichiers que j'envoie à mes partenaires d'impression, donc l'épreuve que je tiens dans mes mains à la maison devrait correspondre à ce qui sort de leurs presses.

Ce n'est pas parfait. Chaque combinaison d'imprimante, de papier et d'encre donne des résultats un peu différents, et il y a toujours un certain écart entre ma Canon et les Epson grand format des labos. Mais c'est assez proche pour que je prenne des décisions de couleur en confiance à la maison, sans attendre une épreuve par la poste.

Coûts d'utilisation

Parlons argent, parce que les cartouches ne sont pas données. Chaque cartouche LUCIA PRO coûte environ 80 $ CA, et il y en a douze, plus le Chroma Optimizer. Remplacer un jeu complet à partir de zéro, c'est une dépense importante.

En pratique, une épreuve couleur de 17 × 22 pouces coûte environ 4,60 $ en encre, sans compter le papier. C'est beaucoup moins cher que de payer un labo pour imprimer et expédier une épreuve chaque fois que je veux vérifier un ajustement de couleur. L'investissement était rentabilisé dès les premiers mois.

Une chose à savoir: il faut utiliser les cartouches LUCIA PRO d'origine de Canon. Il n'existe aucune cartouche compatible d'une autre marque et, même s'il y en avait, utiliser une encre non d'origine annulerait toute prétention de qualité archive. Tout l'intérêt des encres pigmentaires, c'est leur longévité testée, et ces tests sont faits avec l'encre du fabricant. Mets une cartouche générique et tu joues aux devinettes. Alors compte le coût de l'encre d'origine comme non négociable si tu achètes cette imprimante pour du travail de qualité archive.

Cartouche d'encre Canon Lucia PRO Photo Gray d'origine

Cartouche d'encre Canon Lucia PRO d'origine, pas donnée

L'imprimante consomme aussi de l'encre pour ses cycles d'entretien automatiques (nettoyage des têtes, vérification des buses). Ça paraît. Si tu imprimes très peu, une bonne partie de ton encre sert à garder les buses dégagées plutôt qu'à imprimer. Pour mon usage, ça va, mais c'est bon à savoir.

Sa place dans ma façon de travailler

Épreuves des nouvelles œuvres. C'est son rôle principal. Quand je termine une nouvelle peinture ou que j'ajuste les couleurs d'une œuvre existante, j'imprime une épreuve à la maison avant d'envoyer le fichier final aux labos partenaires. Je peux la tenir à côté de l'écran, la regarder sous différents éclairages et faire mes ajustements tout de suite. Ce qui prenait une semaine d'allers-retours prend maintenant un après-midi.

Éditions limitées et pièces uniques. À l'occasion, j'imprime au studio de petits tirages ou des impressions à l'unité pour des commandes urgentes, des échantillons pour des détaillants ou des éditions limitées sur papier spécial. La qualité est identique à celle des labos, juste à plus petite échelle.

Archive de référence des couleurs. Je garde au moins une épreuve maison de chaque impression comme référence de couleur. Si une cliente ou un client a une question sur la fidélité des couleurs, ou si je dois comparer un nouveau lot d'un partenaire d'impression à l'original, j'ai une référence physique sous la main.

La plupart des impressions que tu commandes dans la boutique sont encore produites et expédiées par mes partenaires d'impression. Ils ont les presses grand format, les chaînes d'emballage professionnelles et l'infrastructure d'expédition que mon petit studio ne peut pas égaler. La PRO-1000 s'occupe des épreuves, des petits tirages et du contrôle de qualité. Les labos s'occupent du reste.

Les inconvénients

Elle est lente. Une impression de 17 × 22 pouces prend près de sept minutes. Voici un extrait pas si court de la bête en action: regarde-la imprimer. Pour des épreuves, la vitesse n'a pas d'importance. Si j'essayais de remplir des commandes avec, je deviendrais folle.

Elle est lourde. Environ 70 livres (32 kg). Sortir la boîte de l'auto, la monter deux étages et l'installer sur le bureau de mon studio a demandé deux personnes, un diable et un peu d'imagination. Une fois en place, elle ne bouge plus.

L'encre consommée par l'entretien. J'en ai parlé plus haut, mais ça vaut la peine de le répéter. Les cycles de nettoyage automatiques utilisent de la vraie encre. Si tu passes une semaine sans imprimer, attends-toi à ce que l'imprimante lance un nettoyage quand tu la rallumes. C'est le prix à payer pour des buses fiables, et je préfère ça aux bouchons, mais ça ajoute au coût de possession.

Pas d'alimentation en rouleau. La PRO-1000 fonctionne seulement à la feuille. Si tu dois imprimer des formats panoramiques ou de longues bannières, ce n'est pas la bonne machine. Pour mon travail, ce n'est pas un problème puisque toutes mes impressions sont en formats de feuille standard, mais c'est une limite à connaître.

Un mot sur la Canon PRO-1100

Canon a lancé l'imagePROGRAF PRO-1100 au début de 2025. Elle utilise le même jeu d'encres LUCIA PRO à 12 couleurs, ajoute un adaptateur rouleau optionnel et est un peu plus rapide. Je suis restée avec la PRO-1000 parce que j'ai obtenu un bon rabais studio qui en faisait le choix le plus pratique, et les nouvelles fonctions ne changeaient rien à ma façon de travailler. Si tu achètes neuf aujourd'hui et que la différence de prix est minime, la PRO-1100 est probablement le meilleur choix. Mais la PRO-1000 n'est pas une imprimante de moins bonne qualité. Mêmes encres, même science des couleurs, même qualité d'impression.

Est-ce que je la recommande?

Pour les illustrateurs, les photographes et les petits studios d'impression qui ont besoin de faire leurs épreuves à l'interne et d'imprimer de petits tirages à l'occasion, oui. C'est le meilleur équilibre que j'ai trouvé entre qualité d'impression, fiabilité et encombrement. La fidélité des couleurs est excellente, la compensation des buses fonctionne vraiment et le rendu sur papier de coton est franchement magnifique.

Ce n'est pas une imprimante de production. Si tu remplis des dizaines de commandes par jour, il te faut un labo ou une machine grand format plus rapide. Mais pour un studio comme le mien, où le rôle de l'imprimante est de garder les décisions de couleur rapides et justes, la PRO-1000 mérite sa place sur le bureau chaque semaine.

Catherine